Mais comment gagne-t-on de l'argent à ce jeu ?

Publié le par M4

Titre volontairement (très) crédule mais j'ai pensé qu'il n'était pas idiot de revenir aux bases. J'avais un prof de math qui demandait souvent à l'élève au tableau de faire deux ou trois pas  en arrière pour regarder le problème de plus loin, prendre du recul, en somme, pour pouvoir voir "the big picture" comme disent les anglophones.

Prenez donc le temps d'analyser de manière simple ce qui fait qu'un joueur peut sortir gagnant, à long terme, en jouant au poker. Certains diront "il faut être un bon joueur" ou plus simplement "il faut bien jouer" . Au vu des caractéristiques du poker, c'est tout simplement faux. On peut très bien mal jouer (notion très subjective) et gagner à long terme parce que les adversaires jouent encore moins bien en moyenne. On peut être un relativement "bon" joueur et être donné perdant contre un field de très bons joueurs. Vous aurez compris là ou je veux en venir, on ne joue pas seul au poker et on ne dois jamais oublier de se situer par rapport aux autres joueurs à la table. Au final, on gagne de l'argent au poker parce qu'on joue mieux que ses adversaires en moyenne. Plus précisément, ce qui génère des flux différents au poker, c'est de jouer différement de son ou ses adversaires. Si tout le monde jouait exactement de la même manière, l'argent ne circulerait pas à long terme... seul le rake ferait son effet pour rendre l'ensemble des joueurs perdants. Gagner un pot en ayant bien joué ne suppose pas avoir mieux joué que l'adversaire car, même en supposant qu'il ait fait une erreur, si vous faites la même à sa place quand la situation s'inverse, alors il n'y a aucun flux d'argent généré d'un côté ou de l'autre.

Bien jouer ne suffit donc pas... il faut MIEUX jouer. Pour cela, il faut prendre conscience que notre edge repose sur nos différences... toute différence implique un flux, gagnant ou perdant.

Maintenant, on peut étendre ce concept à plusieurs niveaux. En effet, pour l'instant, j'ai parlé simplement de différences techniques mais tout ne se joue pas là. Quand vous réussissez à ne pas réagir après un mauvais coup (bad beat ou même mauvais play de votre part etc...), vous restez concentré et gagnez forcément de l'argent face aux joueurs qui, dans la même situation n'en auraient pas fait autant. J'ai récemment pris conscience qu'en PLO (variante que je joue de façon quasi exclusive depuis quelques mois), on était tous confronté à des swings importants... que des différences d'EV de 40 ou 60 BI n'étaient pas quelque chose d'exceptionnel et que tout grinder connaitrait ça (voir largement pire...). Plutôt que de voir ça de manière négative, il faut en tirer ce qu'il  y a de positif. Personnellement, j'y vois une façon de plus de trouver un edge. Si je réagit correctement dans les pires moments, suis à l'écoute de mes émotions et arrive, soit à les gérer, soit à arrêter de jouer quand elles prennent le dessus (sans qu'il y ait besoin de culpabiliser, je le rappel), je crée un différentiel sur tous les joueurs qui n'en seraient pas capable... Je gagne donc de l'argent !

Je ferai probablement une traduction d'un "well" de Boywonder quand j'en aurai le courage et le temps. Tommy Angelo et lui ont beaucoup parlé de ce concept de "différentiel" qui crée l'edge. Constamment rechercher à créer cette différence positive avec les autres joueurs de nos tables, c'est s'assurer de gagner de l'argent au poker. Cette différence passe autant par le fait de réfléchir à toutes nos actions aux tables, que de savoir mettre toutes les chances de notre côté pour pouvoir être apte à jouer notre meilleur poker.

Dernière chose, n'oubliez pas que ce vous considérez comme un détail est essentiel. Certains considèrent aujourd'hui qu'un winrate de 3.5bb/100 à une limite donnée reste quelque chose de solide. Comprenez bien que ça sous-entend qu'un joueur correct de NL100 va simplement trouver 3.5$ de plus toutes les 100 mains par rapport à un joueur break-even. Les détails sont donc primordiaux et quelques tilt call en fin de mauvaise session en moins, c'est un winrate qui explose quand vous êtes parmi ceux qui arrivent à les éviter... car vos adversaires sont confrontés aux mêmes problèmes.

 

"Le diable est dans les détails".

Publié dans Psychologie

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SEBASTIEN 13/10/2010 21:47


Oui, oui, oui: triple oui!!

Grand fan de ton blog qui prend une direction et une dimension de plus en plus intéressante je ne saurais que t'encourager à continuer dans cette voie. Continue d'écrire des articles différents qui
nous amènent à penser, réfléchir sur cet aspect si primordial du poker. Cet aspect qui fait que le poker a quelque chose de la vie!

Je sais plus qui disais "le poker c'est 20% de mathématiques, 30% de chance et 50% de mental". Je ne sais pas si la répartition des % est exacte mais en tout cas il est clair que la maîtrise de son
mental est une clé d'un poker gagnant et épanoui.


Alex 24/09/2010 19:01


Super article. C'est important de bien gérer sa "bankroll psychologique".Patience et sang-froid, je pense aussi que c'est là que beaucoup de chosent se jouent.

Je ne savais pas que le Omaha pouvait être aussi violent, 50BI d'EV, plus d'un doivent craquer...


raulvolfoni 23/09/2010 14:37


Chapeau pour ce très bel article !
Pour ma part, je rapproche cette idée avec la gestion des cycles au poker.

Je suis persuadé que la différence de winrate entre joueurs s'opère principalement sur la gestion des périodes de bad run.

Et dans ces moments, le plus important n'est pas la technique mais le mental et la psychologie. Bon, y a du boulot en ce qui me concerne, mais j'y travaille .....


sheraf 22/09/2010 11:43


Possible d'avoir un lien pour le well de boywonder?


M4 04/10/2010 14:01



http://forumserver.twoplustwo.com/54/poker-beats-brags-variance/100k-hands-w-ahud-338578/


http://forumserver.twoplustwo.com/54/poker-beats-brags-variance/destroyed-3-6-time-move-up-graph-286574/


 


Deux threads ou il participe énormement et répond aux questions (quasi well).